Frédéric Brusson

Dam : Frédéric, depuis qu’on se connait, on ne cesse d’être présent l’un pour l’autre, avec cette pudeur qui nous caractérise si bien et pour cela, je remercie les réseaux sociaux de t’avoir placé sur ma route… voilà, je tenais à te le dire, ici, en toute simplicité, rien qu’entre toi et moi, pour tout le reste, ça se passe en privé !

Je te remercie également d’avoir accepté de te prêter au jeu de cette entrevue pour Chronique au Scalpel !

Fréd: En préambule, je voudrais te remercier, Damien, pour l’intérêt que tu portes à mes écrits. C’est un premier entretien pour moi en tant qu’auteur. Il revêt donc une importance particulière.

Nous ne sommes amis que virtuellement, mais sache que tu fais partie des personnes pour lesquelles j’ai un attachement particulier. Question de feeling et d’atomes crochus.

Merci Frédéric pour tes mots, tu sais quelle importance ils ont pour moi pour en avoir discuté en aparté !

Allez, c’est parti !

Parlons de ce recueil…
« (Dés)amours», peux-tu nous résumer en quelques mots ce recueil de nouvelles et textes courts ? Même si on devine assez facilement que le contenu parle du sentiment le plus magique, mais aussi le plus douloureux pour l’Homme : L’Amour !

Ce recueil est un condensé des textes que j’ai publiés sur ma page Facebook « Mes Mots Pour Mes Maux ». Il y est question d’amour sous toutes ses formes, du plus incroyable au plus triste. Il regroupe des nouvelles et des textes parfois très courts, sortes d’instantanés écrits à un moment précis de ma vie. On y retrouve des thèmes chers à mon cœur :  l’amour, la passion, l’écriture, l’absence, la rupture, le manque… Tout ce qui fait que l’on vibre et, il faut bien l’avouer, qui nous fait vivre.

La mélancolie présente dans tes textes témoigne de ta grande sensibilité ! tu veux en parler ?

La mélancolie est un sentiment que j’ai toujours eu en moi, je crois. Je suis un hypersensible, et comme le dit Flaubert, « Ce qui érafle les autres me déchire ». Je suis loin d’être un optimiste, plutôt un fataliste, si je puis dire. La mélancolie est un excellent moteur pour écrire, du moins pour les textes tristes. Sans ce sentiment, je n’aurais pas pu écrire certains des textes de (dés)amour.

On se met facilement à la place des personnages dans tes écrits, avec joie, souffrance, compassion, envie… Est-ce qu’une part de Fréd est cachée dans chacune de ses histoires ? Réalité, désir, pure fiction ?

Dans mes textes (du moins ceux de ce recueil), il y a bien sûr une grande part de vécu. Je m’en sers pour la base de l’histoire, puis grossis parfois le trait dans l’intérêt de la lecture. Des épisodes de ma vie se retrouvent dans la quasi-totalité de mes écrits, j’y ai juste ajouté parfois de la fiction ou fait passer mon message via des personnages qui ne me concernent en rien (La fille et l’ours en est un bon exemple). Il est impossible pour moi de ne pas lier réalité et fiction, au moins pour certains aspects d’un récit.

Envisages-tu un dé(s)amours Tome 2 ?

Un tome 2 de (dés)amour ? Je ne crois pas, ça ne fait pas partie de mes projets. À l’origine, le tome 1 n’aurait même jamais dû voir le jour. C’est à la demande de lecteurs et de lectrices qu’il a été publié. Pour moi, il n’en a pas été question pendant un moment, je voulais évacuer ces histoires, qu’elles ne soient qu’un souvenir, un témoignage d’une partie de ma vie.

Alors un tome 2… Il n’en est pas question, même si je continuerai à publier régulièrement des textes sur ma page.

Parlons de toi…
Il s’agit ici de ton premier livre publié et tu as choisi le format recueil ? Un choix délibéré, une étape… ?

Le choix d’un recueil s’est imposé de lui-même. J’ai choisi de réunir la plupart des textes dont le thème était l’amour. Je ne voulais rien ajouter, juste laisser une trace de ces écrits sur papier. C’est une étape pour moi, puisqu’un récit va prochainement sortir, puis un roman dans quelques mois.

Tu m’as confié écrire depuis longtemps, mais avoir mis cela de côté (les raisons te sont propres), l’écrivain en toi aurait-il enfin pris le dessus comme une évidence ?

J’écris depuis mes 19 ans (arf, ça ne me rajeunit pas…), mais j’ai fait une longue pause d’une vingtaine d’années, pour des raisons privées, par paresse aussi, je crois. J’ajouterai que l’écriture n’a pas toujours été un besoin, que j’ai gardé ça en moi, bien enfoui. Mais ça a fini par ressortir grâce à une personne proche, qui m’a encouragé à m’y remettre, à ne pas lâcher. Pour être honnête, je n’aime pas écrire, c’est plus une souffrance qu’autre chose, mais j’en ai besoin aujourd’hui. C’est devenu un exutoire. Je ne pourrais plus m’en passer.

Tu as de nombreux fans de ta plume (dont je fais partie), cela doit être encourageant, même si on sait très bien que l’on écrit d’abord pour soi ! Comment vis-tu cet engouement pour tes écrits ?

Je sais que des personnes apprécient mes écrits et bien sûr j’en suis ravi. On écrit toujours pour soi, c’est acté, mais avoir des retours, des avis, des personnes qui vous suivent fait du bien au peu d’ego que j’ai. Pour le reste, je ne m’inquiète pas des ventes, de ce que ça va me rapporter financièrement, je ne fais pas ça pour cela. Si le prochain livre fait un flop, ce ne sera pas grave parce qu’au moment où il aura été publié, il ne sera déjà plus pour moi qu’un souvenir. Je serai déjà passé à autre chose.

Tu peux nous dire quelques mots sur Betty ? Ou alors, tu préfères laisser les lecteurs et lectrices découvrir pleinement ce que cache ce prénom ?

Betty, c’est l’histoire d’un amour fulgurant entre Marcus, écrivain, et Betty, peintre. Marcus a raconté cet amour dans un roman, qui a connu un succès incroyable. Mais ce roman fut aussi une malédiction. À découvrir en juin…

J’avais posé la même question à Solène Bakowski, et j’avais beaucoup aimé sa réponse, je pense d’ailleurs que cela va devenir une question récurrente pour le face-à-face : peux-tu nous raconter un souvenir d’enfance lié à la lecture ?

Je n’ai pas de souvenir d’enfance lié à la lecture. Pour être franc, j’ai véritablement commencé à lire au lycée, puis surtout à l’université. C’est à cette époque que j’ai découvert Paul Auster. Petite anecdote : j’ai séché une semaine de cours pour lire tous ses romans (je sais, ce n’est pas sérieux). C’est aussi pendant ces années d’études que j’ai fait connaissance avec Djian, Fante, Ford, toute cette génération qui m’a profondément touché.

Est-ce que tes lectures actuelles t’aident pour écrire tes textes ? Si oui, peux-tu nous donner un exemple de livre, d’auteur ? Si non, qu’est-ce qui t’inspire dans tes projets littéraires ?

Je ne me réclame de personne en particulier, même si des auteurs ou des romans ont pu laisser des traces en moi. « Lent dehors » de Philippe Djian m’a profondément marqué. Cette histoire de désamour puis d’amour, ces rapports conflictuels entre deux êtres, l’espoir, la solitude… Ce livre résume à lui seul tout ce que j’aime dans une histoire. Pour le reste, je n’ai pas d’auteurs fétiches qui m’influencent, ou alors c’est involontaire.

Idem pour cette 7e question qui devient incontournable : Une photo ! A toi de nous dire ce qu’elle t’inspire !

Cette photo offre pour moi plusieurs lectures possibles.

La première, ce qu’on voit de prime abord, me fait penser au voyage, à l’évasion. Les deux chaises vides me font aussi penser à l’absence.

La deuxième, ce que j’imagine, c’est la photographie que prend un homme sur la terrasse d’une chambre d’hôtel de luxe. Il regarde le panorama en fumant une cigarette, alors que sa femme dort encore à côté. C’est leur lune de miel. Ils viennent de faire l’amour, après avoir passé des heures assis dans ces chaises inconfortables. Le mari immortalise l’instant, ce monde qui s’offre à eux, vierge et immense.

Je lance un rituel dans les Interviews pour CAS avec la question de l’auteur. Le principe est simple, c’est à toi de me poser une question de ton choix !

J’aimerais te poser la question suivante, mon cher Damien :

Je sais que tu écris (et mon petit doigt me dit que tu le fais avec talent). Qu’en est-il de tes projets de ce côté-là ?

Cette question a tendance à revenir régulièrement depuis quelque temps de la part de pas mal de monde. Je ne sais pas si je dois te remercier ou pas de contribuer positivement à me mettre une certaine pression… Allez, puisque tu as joliment joué le jeu de cette entrevue…

Voici ma réponse :

J’ai un énorme complexe d’infériorité concernant l’écriture. Mais les années m’aident à relativiser, à prendre de la distance et avoir une image différente de moi et de ce que je peux produire. Comme quoi, vieillir peut avoir du bon !

Je me rends compte aussi que je suis parfois plus motivé par l’aide à l’écriture pour d’autres auteurs que pour moi-même. C’est un rôle qui me plaît bien, d’être dans l’ombre des auteurs… Tu vois, cela rejoint un peu l’idée initiale de ma réponse… Le complexe d’infériorité que je transforme à bon escient : aider les autres en prenant plaisir dans l’aide à l’écriture… cela reste une forme d’écriture, pas vrai ?

Cela dit, et pour ne pas te laisser sur ta faim, je suis en cours sur plusieurs projets… nouvelles, textes courts, à l’image de ce que tu as pu faire, et un roman que j’ai commencé…  J’anticipe la question qui va en découler : Quand vais-je sortir quelque chose ?! Question difficile, car en parallèle de l’écriture, je suis en train de finaliser d’autres projets, mais je me suis fixé un objectif, que je traduirais ici, pour toi, par …. « J’espère dans quelques mois ! »

Merci pour ta réponse.
Je peux juste répondre que j’espère qu’un jour tu sauteras le pas, si tu le souhaites bien-sûr, parce que tu as quelque chose, ce truc qui fait qu’on aime te lire. Mais c’est toi qui voit.
Voilà.

Voilà, le face-à-face en 12 questions de Frédéric Brusson est terminé. Il me reste à te remercier pour ton temps. J’ai hâte de lire « Betty ».

Pour terminer, j’aimerais une fois encore te remercier pour cet entretien et ta présence, ici ou ailleurs. Et bien sûr pour tes chroniques toujours argumentées et détaillées. Merci…

Merci également à vous lecteurs, d’avoir pris le temps de la lire.

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